Réfugiés dans la cité de Kamanyola en territoire de Walungu, après avoir fui les violences à Uvira, des milliers de déplacés internes vivent dans des conditions humanitaires extrêmement précaires. Malgré cette situation critique, ces familles disent refuser toute assistance humanitaire et exigent uniquement des garanties sécuritaires afin de regagner leur ville d’origine, Uvira.
Ces déplacés, issus de différentes communautés vivant à Uvira, affirment avoir abandonné leurs maisons depuis dimanche soit 24 heures après le retrait de la dernière force de l’AFC/M23 de la ville intervenu le samedi 17 janvier 2026.
Ils disent avoir fui par crainte pour leur sécurité accusant les forces coalisées du régime de Kinshasa, notamment les Wazalendo et les FARDC, d’exactions ciblées contre les civils en particulier les membres de la communauté Banyamulenge.
Ce mardi 20 janvier 2026, une forte délégation de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) conduite par le coordonnateur adjoint en charge des finances économiques et développement Dr Freddy Kaniki, accompagnée du chef du département de la communication, Lawrence Kanyuka ainsi que de Dunia Bwenge Doux et Gady Mukiza, respectivement vice-gouverneurs en charge des questions politiques et des finances a rendu visite à ces déplacés.
La délégation s’est entretenue avec des milliers de femmes et d’hommes installés dans des écoles et des églises servant de sites d’hébergement provisoires à Kamanyola.
C’est dans un climat marqué par l’angoisse et les larmes que les déplacés ont accueilli la délégation dans la cour du bloc administratif du territoire de Walungu. Désemparées et profondément affectées, ces familles disent ne plus savoir à quel saint se vouer.
À travers des témoignages poignants, les déplacés ont insisté sur le fait qu’ils ne réclament aucune aide humanitaire, malgré la précarité dans laquelle ils vivent, mais exigent avant tout de retourner chez eux à Uvira, dans des conditions de sécurité garanties.
Devant les responsables de l’AFC/M23, ces femmes et hommes ont passé en revue les exactions qu’ils attribuent aux forces Wazalendo et aux FARDC dans la ville d’Uvira.
Selon leurs témoignages, plus de dix personnes auraient déjà été tuées sans compter les blessés et d’importants dégâts matériels, notamment la destruction de maisons d’habitation et d’églises appartenant à des membres de la communauté Banyamulenge.
Réfugiés dans des écoles et des églises, ces déplacés disent manquer de nourriture, de vêtements et de moyens de subsistance, ayant tout laissé derrière eux à Uvira. Leurs enfants sont contraints d’abandonner les études, faute de moyens financiers pour assurer leur scolarité.
Malgré cette situation humanitaire alarmante, les déplacés se montrent catégoriques ils ne souhaitent pas d’assistance humanitaire mais réclament uniquement un retour sécurisé dans leur ville d’origine.
Ces familles souhaitent voir l’AFC/M23 reprendre la responsabilité sécuritaire de la ville d’Uvira afin de leur permettre de regagner leurs foyers et de vivre en paix, comme cela était le cas depuis la libération de la ville par le mouvement en décembre dernier.
Très touché par la situation humanitaire critique que traversent ces déplacés, le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Dr Freddy Kaniki, leur a transmis le message de compassion du mouvement, tout en leur réaffirmant son attachement et son accompagnement face à cette épreuve.
Pour rappel, la dernière force de l’AFC/M23 encore présente à Uvira pour assurer la sécurité de la ville et de sa population s’est retirée le samedi 17 janvier 2026. Depuis lors, l’AFC/M23 a placé la ville d’Uvira et ses habitants sous la responsabilité entière des Nations Unies et de la communauté internationale, les prenant à témoin au même titre que le peuple congolais.
Rédaction





