L’organisation Stop Suicide Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme sur la situation de la santé mentale dans la province. Selon sa présidente provinciale, Lumière Singay Kamole, l’organisation a enregistré 63 207 nouveaux cas au cours du premier semestre de l’année 2026.
Cette information a été communiquée lors d’un entretien accordé à un reporter de KivuTop, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque année le 10 octobre.
À cette occasion, Lumière Singay Kamole a lancé un appel à la population pour lutter contre les préjugés entourant les troubles mentaux, encore trop souvent associés à la sorcellerie dans certaines communautés.
« La maladie mentale n’est pas une malédiction ni une sorcellerie. Elle est réelle », a-t-elle rappelé, soulignant que la santé mentale constitue une question de santé publique qui concerne tout le monde.
Pour la présidente provinciale de Stop Suicide, les personnes souffrant de troubles mentaux ont besoin de soins appropriés, d’écoute et d’accompagnement, plutôt que de jugement ou de pratiques susceptibles de retarder leur prise en charge.
« Il faut que notre communauté comprenne que la santé mentale est une question de santé. Ce n’est pas de la sorcellerie. Une personne qui souffre mentalement a besoin de soins, d’écoute et d’accompagnement, pas de jugement ni d’exorcisme », a-t-elle insisté.
Face aux situations de détresse psychologique, que peuvent aggraver les conflits, la précarité et les pressions sociales, Lumière Singay Kamole encourage la population à adopter des gestes simples pour soutenir les personnes en difficulté.
« Approcher et écouter reste la meilleure façon d’aider une personne en détresse. Souvent, elle ne demande pas grand-chose, juste quelqu’un qui l’écoute sans la juger ni minimiser sa douleur. Une oreille attentive vaut mieux que mille conseils », a-t-elle déclaré.
Elle invite également les familles, les amis, les responsables religieux et les leaders communautaires à apprendre à reconnaître les signes d’alerte, notamment l’isolement, les changements brusques de comportement, la perte d’appétit et les propos désespérés.
Par ailleurs, Stop Suicide Sud-Kivu appelle les autorités et les partenaires du secteur de la santé à renforcer les services de prise en charge psychologique et psychiatrique, jugés encore insuffisants dans la province. L’organisation plaide également pour la multiplication des campagnes de sensibilisation de proximité afin de favoriser une meilleure compréhension des troubles mentaux.
Pour prévenir la détresse psychologique, la responsable recommande notamment la pratique d’activités sportives, l’écoute de la musique et le maintien des liens sociaux. Elle souligne toutefois que lorsque la souffrance persiste, il est important de consulter rapidement un professionnel de la santé mentale.
À travers ce message, Stop Suicide Sud-Kivu rappelle que demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse et que la santé mentale doit être considérée comme une priorité collective.
« Écouter, c’est déjà aider. » Tel est l’appel lancé aux communautés pour briser le silence autour des troubles mentaux et encourager les personnes en difficulté à rechercher une aide adaptée.
La Rédaction













































